Date stellaire 3076-4-8
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 Le commandant Anonyme à envoyé un message le 03/03/2008 Cycle 3058-7-13

- Plus de travail ?!

Selma n'en revenait pas. C'était bien la première fois qu'on refusait son aide.

- Dans tous les domaines d'activités ?

- Je suis désolé. Depuis la recruedessance récente d'avidité des corporations dela région, nos entreprises peinent à tourner. Ces corporations se sont réarmées et sillonent l'espace en quête de nouveaux territoires à exploiter. Nos cargos et sondes disparaissent mystérieusement, les communications se font difficiles, le troc encore plus. Des zones anciennement libres redeviennent occupées, des frontières et douanes apparaissent, on parle même de systèmes envahis.

- Des milices ont dû se former depuis, ou quoi que ce soit d'autre, je puis bien leur apporter mon soutient ?

- Des milices... A quoi bon ? Elles occuperaient leurs journées dans des divertissements virtuels, et certaines finiraient peut être par nourrir des rêves de pouvoir pour se trouver une utilité. Non, nous n'avons pas besoin de milices. Les combats se mènent dans l'espace, et nous n'avons que de quoi rayer la coque de leurs vaisseaux. Ne perdons pas notre énergie à construire des flottes désuées pour sacrifier désespéremment nos vies. Et si une corporation se décide à nous envahir, nos milices ne pourraient résister plus d'une arn. On a peut être délaissé trop de siècles l'armement, nous n'avons plus que des lance-pierres à leur opposer, leurs armes sont à ce point inhumaines qu'elles sont capables de briser notre volonté et notre insoumission, que l'on pensaient jusqu'alors toutes-puissantes. Résister et mourir, sans espoir. Vous devriez vous concentrer sur vos études, aider vos hommes à s'occuper des enfants, ou passer un peu de bon temps, qui sait si ce ne sont vos derniers...


- Tant d'espérance m'émeut. Comment en êtes vous arrivé là ?

- Des milliers de personnes comme vous ces derniers mois à qui je rappel qu'on est dans la merde, et qui ne peuvent s'empêcher d'exprimer leurs impressions. Je ne sais si je dois acclamer ou maudir les orateurs de talent qui sont venu me demander du travail. Certains de mes collègues sont en dépression, mais au moins on ne manque pas de remplaçants.

- Et je suppose que vous aviez besoin de vous soulager vous aussi sur quelqu'un....

- Je suis pardonné ?

- Je vais élargir mes études. On a besoin d'organiser une guerilla, de se préparer à la lutte clandestine. C'est ce qui nous a réussi par le passé. Nous devons commencer par trouver le moyen de détourner leur savoir-faire nouveau de contrôle de populations. Il n'y a pas de quoi perdre espoir !

- D'autres m'ont tenu le même discours. La plupart sont revenus me voir peu après, vérifier s'il ne restait vraiment plus de travail. J'en apprend plus que je ne le souhaite. Les corporations ont les moyens de tout savoir sur n'importe quel habitant, elles nous contrôlent. Des satellites pour nos yeux, scrutant la planète, la dénudant grâce à toute une gamme de filtres. Les murs ne servent plus d'abris. Des implants dans notre corps pour surveiller notre bouche, nos oreilles et nos mouvements, au grand malheur des écrivains versés dans la prose subversive ou des poètes du feu. On ne peut contourner leur contrôle, il est total. Quand bien même, leurs ordinateurs sont truffés des mêmes sécurités, archivant tout ce qu'on fait dans le plus grand détail, avant de l'archiver ou de le signaler si trop suspect. Il en va de même pour tout outil que l'on pourrait obtenir, même nos vêtements et autres produits courants contiendront des puces nanoscopiques capablent de les informer de nos moindres faits et gestes. Seules les révoltes collectives spontanées passent à travers les mailles du filet, mais elles ne peuvent qu'êtres isolées, et les corporations n'hésitent pas à nous rappeler un autre de nos sens qu'elles contrôlent: le toucher. On finit par les aimer, faire abstraction de leur fascisme, et on intégre leur système de plein gré à la recherche du maximum de bonheur que leurs règles nous permet, on s'en contente. A-t-on déjà vu une corporation s'effondrer suite à un mécontentement populaire ? Quand elles s'effondrent, leurs plus hauts membres sont les acteurs et les victimes de cette révolution; chose rare, les corporations dignes de ce terme ont un esprit de corps solide. Mais le peuple libéré réclame aussitôt qu'on lui remette ses chaines et travail d'arrache pied à ce qu'une nouvelle corporation voit le jour. Notre liberté est vouée à disparaître.

- Nous ne sommes pas seuls. Les autres races peuvent nous venir en aide, lutter contre cet impérialisme corporatiste. Certains sont touchés par nos idéaux, quand ils ne les ont pas intégrés avant-nous. Malgré nos faibles ressources, nous pourrions participer à un front commun contre cet ennemi commun.

- Allons bon, vous êtes bien idéaliste concernant les autres races. Elles s'amusent de ces humains qui s'entre-déchirent. Elles peuvent oublier ainsi qu'à elles aussi leur propre peuple est bien souvent leur ennemi. L'ennemi principal d'une autorité est le gouverné. Les autres races faillissent facilement vers un gouvernement, toujours autoritaire, même motivé par les plus beaux idéaux. Il ne peut que prétendre représenter le peuple, dans les faits il ne lache au mieux que des miettes suite à de rudes combats. Regarde-les ces dirigeants extra-terrestres, à s'offusquer de la porcherie humaine alors qu'elle n'est que leur reflet, un mirroir intransigeant sur leur pourriture. Les quelques grands gouvernements Vel-Naos non-impérialistes ne représentent même plus une force d'opposition suffisante pour lutter contre les gouvernements Vel-Naos impérialistes, ils ne les dénoncent même pas. Ceux qui le font ont des motivations peu soutenables. La Pax Eternalis a abandonné tous ses idéaux fondateurs. Les Chrystaliens que l'on connaissaient fervents défenseurs de Gaïa légitimisent leur soif de pouvoir par la protection de l'environnement. Les voilà qui bombardent à tout bout de champ au nom de l'écologie, une bien belle sorte de terraformeurs ! Qu'ils laissent faire les corporations, ça leur évitera de payer les bombes. Dans leur cupidité ils perturbent même l'harmonie de Septentrion, à sortir les systèmes de leur orbite pour les empiler et en tirer le maximum de ressources, pour le moindre coût en « pacification » de la population. Ils déportent même des populations pour « remplir » les systèmes fraichement conquis et explosent le maximum de population qu'ils peuvent héberger. Maintenant que les cyberians sont devenus une force soumise, ils vont chercher un nouvel ennemi commun symbolisant leurs propres tares, pour se laver de tout soupçon dans leur conscience même. Les corporations sont de bons candidats, quoique les Guraks pourraient leur rappeler leur bestialité, ou les lordhs leur élitisme forcené. Si les corporations sont soumises aux puissances aliens, nous le seront aussi, et ce n'est guère plus enviable.

- Si les corporations tirent de leur neutralité millénaire une place de commerçants neutres et non-impérialistes, elles ne représenteraient plus une menace mais un outil. Avec ce type de corporations nous pourrions conserver notre indépendance. Elles ne pourront nous soumettre car rappeleraient aux autres races qu'elles peuvent être une menace. Il est vital d'étudier cette possibilité, et de la diffuser. Si le nouvel ennemi commun devient les humains, les corporations pourraient finir par plier à notre propagande, dernier espoir pour elles de limiter la casse.

- Comme j'aimerais vous donner raison. Vous savez bien que l'UCE regroupe la plupart des corporations, et qu'elle s'est mise en tête d'être un acteur politique de Septentrion. Si d'autres candides travailleurs se présentent à moi, je les orienteraient vers vous pour mener des recherches. C'est mon boulot, et ça vous occupera.

- Pourquoi ne laissez-vous pas votre poste à un autre ? La plupart l'accepterait volontiers.

- Comprenez, c'est une drogue. Ce travail me détruit autant qu'il me fascine. Si je l'abandonne, il détruira un autre, et son absence me détruira aussi. Et puis, je le fais bien. Je me suis permit de relacher un peu ma pression sur vous, mais je suis assez solide d'ordinaire. Dans mon désespoir j'ai même permit de vous faire avancer, et soyez-sure que je ne distillerais pas d'illusions à ceux qui vous suivront. Je n'ai pas quitté mon poste quand il était morne et monotone, pourquoi le ferais-je maintenant qu'il est passionant ? Ce n'est pas comme si j'avais des horaires capitalistes, j'ai tout le temps nécessaire à mes apprentissages et mes divertissements, et si j'ai besoin de plus de temps libre pour d'autres occupations je peux les prendre sans remord avec cette pénurie de travail.

- En sortant, Selma ne comprit pas tout de suite pourquoi il faisait nuit. L'entretient avec la personne chargée de faire suivre les offres et demandes de travail n'avait pu durer des heures, un des soleils devraient être à son zenith. Elle eu à peine le temps de remarquer la fulgurante approche de cette gigantesque déflagration lumineuse ayant pourtant prit naissance à des miles de là. Elle entendit sans comprendre le travailleur maugréer ces quelques mots à l'intérieur, sans doute prévenu par les canaux d'informations:

- Trop tard...
Rygel



 Le commandant Anonyme à envoyé un message le 03/03/2008 Cycle 3058-7-13

Le duc True obtint ses diplômes à la prestigieuse école militaire Award en compagnie de Nicole Blanc. Elle, fut rapidement catapultée haute responsable dans la branche militaire de la corporation, les militaires ayant à coeur à ce moment de prouver qu'ils n'étaient pas si rétrograde vis à vis de l'autre sexe fort. Lui, fut nommé à la tête d'une petite flotte coloniale en jouant de sa relation avec Nicole, et leur fils illégitime: Fitz. La verve facile, True n'était pas du genre à rester seul dans sa tour de palladium, à « superviser » pendant que ses braves chevaliers se battaient. Il n'avait d'ailleurs pas le choix, il a toujours été un homme d'action, n'étant doué que pour çà. Ses supérieurs ne reprocheraient pas à cet arriviste des erreurs dues à une suractivité, mais à de la paresse.

Ce jour-ci, les ordres le menèrent près d'un système dit neutre. Une mission capitale. Grâce aux nouvelles découvertes militaires, poussées par la stagnation de la croissance sur les systèmes ancestraux de la corporation, le mot d'ordre était l'expansion. Le voilà donc chargé de libérer un système du chaos qui l'habite, de civiliser des populations primitives, les éduquer, les soigner, leur permettre de s'enrichir et d'accéder aux biens de consommation de la corporation, de les sauver du désastre écologique iminent, les prévenir contre la menace verte, ces démons dévoreurs d'humains, contre les cyberians aussi, qui même si affaiblits, risquent de les transformer en toaster pour étendre leur réseau, ou les lordhs encore, ces grands dragons qui maintenant éveillés ne se contentront pas d'écraser un seul combattant et réclameront plus de sang.

- En approche du système.

- Fout-nous entre un soleil et le système, pour éteindre la lumière. On va leur foutre les pétoches à ces gueux !

- Bien Monsieur

- T'es nouveau toi ? Tout plein des conneries de l'école militaire ? Ici on fonctionne à l'ancienne, alors appelle-moi le Duc, où c'est plus qu'un chasseur que tu piloteras, t'y apprendra la vie, la vrai, ou c'est la mort qui te prendra. La guerre c'est un sport d'hommes, faut des couilles, et ça on te l'apprends pas à l'école. Tu te crois un dur peut être, mais t'es une mauviette, comme tous ces blanc bec en costard de l'école. « Monsieur »... tsss. Et le mental ! Important le mental. La guerre c'est les couilles et le mental. Quand l'espace s'embrase, que des millions de missiles le parcours, droits vers toi, et que les torpilles entament déjà ta coque ! Pas de boucliers de tafioles comme cette saloperie de Serpent. Là tu sais que tu vas t'en prendre pleins la gueule, mais qu'il faudra rien lacher. Et qu'en plus, dans ce bordel, tu dois avoir les couilles de prendre les bonnes décisions, pour tuer. La guerre c'est dur, c'est long, et c'est putain d'éprouvant. Alors les tapettes qui vont se poser des questions et hésiter à obéir, je les dégage. Compris merdeux ?

- Oui monsieur le Duc.

- Ca sonne pas mal. Z'entendez les autres ? Appelez-moi désormais Monsieur le Duc. Bon, on est en orbite ? Ok, alors sortez les bouteilles, on se fait un p'tit apéro pour se donner du courage, et ensuite on agit en soldat !

Ces quelques minutes de détente furent pour le Duc True autant de temps à consacrer à ses intenses réflexions. Il prenait pleinement conscience de la difficulté de sa mission. Il savait en avoir assez pour cette tâche périlleuse, mais doutait de son équipage. Quelle horreur d'être accompagné par des incompétent. C'était une bonne idée l'apéro se dit-il, c'est toujours une bonne idée. Ses hommes deviendront des chiens enragés dans le feu de l'action, des fous de guerre, déterminés à accomplir les ordres sans sourciller, corps et âmes à l'unisson quand ils mettront leur vie en jeu et devront broyer celle de leur ennemi. Des soldats !


- Soldats ! C'est très dangereux, mais nous allons quand même le faire ! Peut être ne survivront-nous pas tous, mais soyez fiers de ce que nous allons accomplir aujourd'hui, fiers d'avoir été choisis par la corporation, fiers qu'elle nous accorde tant de confiance, elle sait que nous ne faibliront pas, que nous ne discuterons pas, que nous sommes des soldats ! Mes hommes ! Lancez-moi ces putains de torpilles nucléaires sur tous les gros patés d'habitations que vous voyez. Il ne doit rien rester, qu'on puisse tout reconstruire sans être dérangé !

- Monsieur le Duc...

- Qu'est-ce que t'as encore Trouffion ? T'as pas entendu ? Agis en soldat, obéis !

- Bien monsieur le Duc, torpilles lancées.

- On torpille et on laisse les ouvriers se démerder avec les radiations. D'ici quelques cycles, on aura un système tout beau tout propre où s'installer, les colons nous seront pleinement reconnaissant, on sera pété de thunes, et la corporation aussi ! Tout ça sans un mort. La Pax Eternalis est avec nous, on fait comme elle l'a appelé: aucune victime militaire. Sauf que nous, on n'a pas besoin de boucliers pour ça.

Et puis, un système qui n'utilise même pas la monnaie, qui n'a pas de gouvernants ni de patrons, ou on encourage la paresse en distribuant tout gratis, où on bosse et étudie comme on veut quand on veut, qui n'a même pas de police et d'armée, qui n'a pas de frontières, qui n'a même pas de Cacolac, ni de publicités, imaginez, ça ne peut qu'être un système d'arriérés. Simple séléction naturelle. Trop d'humains, pas assez de place. Les survivants seront intégrés à notre société et s'y épanouiront comme nous.

- Ah et j'ai changé d'avis, appelez-moi Duc Nukem. It's show time !
Rygel



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