Date stellaire 3081-7-6
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Ce commandant posséde 21 systèmes solaires.
Ce commandant dirige environ 294,404 milliards de personnes.
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- Unité galactique 3046-2-7
- Système stellaire de Port-Romance
- Chantier naval 414 (Blohm & Voss)
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Masse immobile et sombre dans le vide de l’espace, une imposante coque d’acier repose inerte, adossée aux ponts du dock spatial 414 des célèbres chantiers Blohm & Voss. La silhouette anguleuse, hérissée de bulbes et d’antennes, laisse peu de doutes sur son usage... Seul sa forme obsolète renseigne l’observateur sur l’âge et la conception du vieux destroyer. Tout autour du sinistre monstre, une nuée de vaisseaux plus petits s’activent, comme des abeilles excitées autour d’une ruche. Ravitailleurs, soudeurs, peintres ou autres transporteurs... tous accomplissent leur tâche précise dans une cohue indescriptible. Le temps presse.
Cela fait maintenant plus de neuf cycles que cet étrange manège dure. Depuis que les crédits militaires ont été votés, et les fonds débloqués par le Commissariat du Peuple à l’économie. Cependant, l’Intendant Général Kempff, chargé du bon déroulement du projet, ne se satisfait pas de l’avancement des travaux. Les plannings sont régulièrement dépassés, les délais allongés, et l’OberKommando de la Spatialflotte n’arrête pas de le harceler sur le subcom militaire interne. Sans parler du budget initial, qui devra certainement être revu à la hausse.
Si ça ne tenait qu’à lui, il enverrait ce vieux tas de ferraille à la casse directement. Mais la défense de la République ne peut pas attendre. La production de nouveaux vaisseaux est plus lente que prévue, les nouvelles technologies presque inaccessibles, et la jeune branche spatiale de la National Volks Armee a un besoin urgent de vaisseaux de combat. On fait donc dans le recyclage, dans l’urgent, dans le possible. Bientôt, le nouvel équipage du navire sera là, et il faudra composer avec d’autres exigences. C’est sûr, les prochaines semaines ne vont pas manquer d’animation pour l’IG. Kempff...
Au milieu des affaires courantes de la République et des intrigues du Bureau Politique, la remise en service de l’unité 607 était un signe fort de la dégradation du climat de sécurité qui régnait dans la galaxie... Entre la terrible guerre que s’étaient livrés les cybérians de l’Arcane Roboticienne et les forces de la Coalition, la menace d’un nouveau virus cybernétique ou encore une possible crise sans précédente de la nouvelle l’économie galactique, la tendance n’était plus vraiment à la paix, et le chaos guettait à tout instant. Ainsi, ce qui importait avant tout aux autorités de Port-Romance, était de pouvoir garantir la stabilité de la nation en cas de coup dur. Et trop souvent, stabilité rimait avec armée.
Le vieux destroyer de la Spatialflotte avait servi sur tous les fronts durant la Grande Guerre Civile : des patrouilles d’interdiction spatiale du début du conflit, jusqu’à l’offensive finale lors de la bataille de Bressia qui mit fin au potentiel spatio-militaire des Puissances Occidentales. Plusieurs longues années de bons et loyaux services, sans oublier un palmarès individuel éloquent. Après la guerre, son désarmement avait été décidé. Les dégâts importants, les réparations coûteuses, et la fin des menaces sur Port-Romance avaient convaincu l’OberKommando de la NVA de retirer du service cet engin de mort devenu encombrant. Seule certitude, sa réaffectation ne présentait rien de bon.
L’âme du vieux destroyer reposait dans son réacteur principal : un générateur nucléaire de type RBMK 1000 baptisé Nobyl, véritable fleuron de la technologie atomique de l’époque. Sa remarquable autonomie lui permettait de parcourir plus d’une centaine de parsecs avant de devoir changer les barres de graphite et le combustible radioactif qu’il contenait. Il fournissait également l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des systèmes de contrôle du vaisseau et au lancement des torpilles tactiles de dernière génération. Tout une affaire. Dans les entrailles du monstre, les techniciens spécialisés chargés de la remise en route du réacteur s’activaient depuis quelques jours déjà. L’opération délicate devait se faire en suivant un protocole technique précis, et avec le plus grand soin. Toute erreur dans la manipulation du générateur pouvait provoquer un risque de surchauffe du cœur du réacteur, et provoquer une terrible explosion. Une funeste perspective. Aussi, lorsque les systèmes de survie primaires s’activèrent, à nouveaux opérationnels, et que l’alimentation générale revint dans tous les terminus, chacun poussa un profond soupir de soulagement. Le plus dur était passé. A présent, les ouvriers du chantier naval 414 remplissaient les soutes de torpilles, et terminaient l’installation de nouveaux équipements. Dans cette cohue pourtant bien organisée, l’équipage prenait ses quartiers. Doucement, l’unité 607 revenait à la vie.
C’est en arpentant les coursives de son ancien vaisseau, au milieu des caisses à outils et des odeurs de peinture fraîche, que le generalmajor Siegler sentit le poids des années. Lui ne pouvait pas se payer une bonne cure de jouvence, et pourtant, il en aurait bien eu besoin : son début d’arthrite le faisait souffrir plus que de coutume. La vie pouvait bien se résumer à quelque chose d’injuste finalement, toute la technologie humaine ne pouvait lui offrir ce qu’elle accomplissait pour son navire. Certainement, la science faisait bien quelques progrès avec les expériences sur les organes, mais le moratoire intergalactique était tellement sévère sur ce domaine que la recherche pouvait se résumer à une peau de chagrin. En poussant sa réflexion, Siegler se surprit à penser que les cybérians, du haut de leurs biotechnologies, en savaient peut être plus qu’ils ne le disaient, et que la guerre recélait bien des facettes obscures.
D’allure classique, le generalmajor Siegler comptait déjà bien plus d’années terriennes derrière lui que devant, mais se savait encore maître d’un atout précieux : l’expérience de la vie et du combat. Un juste équilibre, aimait-il à plaisanter à ce propos. Engagé volontaire très jeune dans l’armée de la FSU, il avait fait carrière dans les forces aériennes de la Luftwaffe, gravissant rapidement les échelons du commandement, avant d’être muté dans la toute nouvelle Spatialflotte lors de sa création. Homme pragmatique, son travail et ses décisions à l’OberKommando contribuèrent grandement à faire de la jeune Spatialflotte l’arme aiguisée qui briserait les reins des Puissances Occidentales. Et au déclenchement de la Grande Guerre Civile, sa réputation lui permit de prendre tout naturellement le commandement de l’U-607, avec le succès que l’on connaît. Après la capitulation, Siegler fut mis à disponibilité, avant d’être transféré dans la réserve. La suite logique voulait qu’il termine sa carrière par une retraite paisible et bien méritée, mais les troubles récents et le besoin vital de cadres compétents pour encadrer la restructuration de la flotte bousculèrent les schémas établis. Dès lors, il faisait peu de doutes que ce brillant passé avait incité l’OberKommando de la NVA à rappeler l’un de ses meilleurs officiers dans le service actif. En bon militaire, le generalmajor Siegler répondait présent, encore une fois.
S’arrêtant comme par le passé près d’un hublot patiné par l’usage, il commença à se perdre dans la contemplation des astres, soucieux. Sous cette apparente tranquillité, certaines de ces étoiles en guerre devaient être de vrais enfers. Il ne connaissait que trop bien le chaos d’une bataille spatiale ou la peur paralysante d’un bombardement. Tout ce gaspillage de vies ! Avec le temps, il avait appris à prendre en pitié le sort des innocents. Mentalement, il essaya de reconstituer des constellations pour reconnaître un système engagé dans le conflit, sans succès. Après un moment, une voix familière le tira de sa rêverie.
_ Bon sang, tu m’as l’air aussi usé que cette vieille coque ! Tu ferais mieux de passer me voir à l’infirmerie, je verrais ce que je peux encore faire pour toi...
Se retournant tranquillement, Siegler découvrit son ancien médecin chef, l’oberst Leonard McCoy, qu’il avait activement recommandé pour ce poste en reprenant son commandement.
_ Toi non plus Leonard, les années ne semblent pas t’avoir épargné. Mais je vois que la mort hésite toujours à s’approcher de toi, vieille canaille.
En silence, les vieux compagnons d’armes se sourirent.
_ Allons donc, en voilà des manières de saluer un ami ! Il doit bien me rester une bonne bouteille de vodka datant d’avant la guerre dans tout le fourbis que j’ai ramené avec moi. Allons régler cette histoire rapidement, avant que le temps ne nous rattrape définitivement !
_ Hé bien, si c’est un ordre de l’officier médical de bord...
Savourant les dernières heures de calme, les deux hommes partirent en direction de l’infirmerie. Le lancement officiel n’avait lieu que demain, et il restait beaucoup à faire.
Après les longs efforts consentis, l’U-607 pouvait enfin procéder aux premiers essais en vol. Le temps d’effectuer les derniers réglages et vérifications d’usage, et le difficile réarmement prenait officiellement fin. C’était un soulagement, aussi bien pour l’équipage qui se languissait de ne rien faire, que pour Kempff et l’OberKommando de la Spatialflotte qui commençaient à désespérer de voir la fin du projet aboutir. Revenant sur sa passerelle pour la première fois depuis la fin de la guerre, Siegler sentit son cœur battre plus fort. Avec une certaine appréhension, le generalmajor se rassit dans son ancien fauteuil de commandement. Rien n’avait changé. Peut être le cuir avait-il légèrement durci. Mais les sensations étaient toujours les mêmes. En silence, chaque feldwebel respectait ce moment, attendant les consignes. Emu, sa voix ne trembla pas au moment de donner son premier ordre :
_ Activez le système principal !
Un à un, tous les voyants des consoles passèrent au vert, tandis que les feldwebels ajustaient les nouveaux paramètres. La passerelle vibrait imperceptiblement, signe que le vaisseau était prêt à répondre aux ordres.
_ Larguez les amarres.
Dans un bruit sourd, le vaisseau se détacha de ses attaches et commença à dériver dans l’espace. Le flieger de service commença par compenser le flottement, avant de redresser l’assiette. Sans l’aide des propulseurs directionnels auxiliaires, encore en charge, ce travail demandait un véritable talent d’équilibriste. Qu’importe. L’académie militaire de Port-Romance formait assez rigoureusement ses pilotes pour que cette manœuvre ne pose pas de problèmes. Lentement, l’U-607 sorti du dock spatial 414 pour se retrouver seul dans l’espace. Après un moment, le hauptmann Koulikov, officier de liaison de Siegler, s’approcha de ce dernier.
_ Herr generalmajor, le RBMK 1000 est à nouveau pleinement opérationnel. Nous pouvons utiliser son plein rendement pour notre évolution. Quand vous voulez.
_ Bien, voyons comment va ce cher Nobyl...
RBMK est l'acronyme pour Reaktor Bolshoy Moshchnosti Kanalniy, ce qui signifie en langage standard : réacteur de grande puissance à tubes de force. Les réacteurs nucléaires de type RBMK sont les générateurs militaires standard de la NVA destinés à la production d’énergie, utilisés dans la conception nationale des vaisseaux spatiaux. Le RBMK est l’aboutissement du programme soviétique de Port-Romance pour la conception d’un réacteur refroidi à l’eau légère. Avec l’eau légère pour liquide de refroidissement et du graphite comme modérateur, il est possible d’utiliser de l’uranium peu enrichi comme combustible nucléaire.
La conception RBMK repose sur des tubes de pression verticaux de sept mètres qui courent dans le graphite modérateur. Le réacteur est refroidi à l’eau, qui entre en ébullition à la température de 290°C dans le cœur. Le combustible est un oxyde d’uranium légèrement enrichi sous forme de barres de 3,5 mètres. Comme la modération des neutrons est essentiellement due à des éléments de graphite fixes, une augmentation de l’ébullition se traduit par une diminution du refroidissement et de l’absorption des neutrons sans qu’il y ait inhibition de la réaction de fission dans le réacteur, d’où un coefficient de vide fortement positif. Cet effet intéressant peut réserver bien des surprises aux ingénieurs de la République de Port-Romance...
Chambre de contrôle du réacteur RBMK 1000 de l'U-607
Derniere édition le 2008-03-06-04-03 par RPS Port-Romance
- Unité galactique 3046-2-7
- Système stellaire de Port-Romance
- Chantier naval 414 (Blohm & Voss)
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Masse immobile et sombre dans le vide de l’espace, une imposante coque d’acier repose inerte, adossée aux ponts du dock spatial 414 des célèbres chantiers Blohm & Voss. La silhouette anguleuse, hérissée de bulbes et d’antennes, laisse peu de doutes sur son usage... Seul sa forme obsolète renseigne l’observateur sur l’âge et la conception du vieux destroyer. Tout autour du sinistre monstre, une nuée de vaisseaux plus petits s’activent, comme des abeilles excitées autour d’une ruche. Ravitailleurs, soudeurs, peintres ou autres transporteurs... tous accomplissent leur tâche précise dans une cohue indescriptible. Le temps presse.
Cela fait maintenant plus de neuf cycles que cet étrange manège dure. Depuis que les crédits militaires ont été votés, et les fonds débloqués par le Commissariat du Peuple à l’économie. Cependant, l’Intendant Général Kempff, chargé du bon déroulement du projet, ne se satisfait pas de l’avancement des travaux. Les plannings sont régulièrement dépassés, les délais allongés, et l’OberKommando de la Spatialflotte n’arrête pas de le harceler sur le subcom militaire interne. Sans parler du budget initial, qui devra certainement être revu à la hausse.
Si ça ne tenait qu’à lui, il enverrait ce vieux tas de ferraille à la casse directement. Mais la défense de la République ne peut pas attendre. La production de nouveaux vaisseaux est plus lente que prévue, les nouvelles technologies presque inaccessibles, et la jeune branche spatiale de la National Volks Armee a un besoin urgent de vaisseaux de combat. On fait donc dans le recyclage, dans l’urgent, dans le possible. Bientôt, le nouvel équipage du navire sera là, et il faudra composer avec d’autres exigences. C’est sûr, les prochaines semaines ne vont pas manquer d’animation pour l’IG. Kempff...
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Au milieu des affaires courantes de la République et des intrigues du Bureau Politique, la remise en service de l’unité 607 était un signe fort de la dégradation du climat de sécurité qui régnait dans la galaxie... Entre la terrible guerre que s’étaient livrés les cybérians de l’Arcane Roboticienne et les forces de la Coalition, la menace d’un nouveau virus cybernétique ou encore une possible crise sans précédente de la nouvelle l’économie galactique, la tendance n’était plus vraiment à la paix, et le chaos guettait à tout instant. Ainsi, ce qui importait avant tout aux autorités de Port-Romance, était de pouvoir garantir la stabilité de la nation en cas de coup dur. Et trop souvent, stabilité rimait avec armée.
Le vieux destroyer de la Spatialflotte avait servi sur tous les fronts durant la Grande Guerre Civile : des patrouilles d’interdiction spatiale du début du conflit, jusqu’à l’offensive finale lors de la bataille de Bressia qui mit fin au potentiel spatio-militaire des Puissances Occidentales. Plusieurs longues années de bons et loyaux services, sans oublier un palmarès individuel éloquent. Après la guerre, son désarmement avait été décidé. Les dégâts importants, les réparations coûteuses, et la fin des menaces sur Port-Romance avaient convaincu l’OberKommando de la NVA de retirer du service cet engin de mort devenu encombrant. Seule certitude, sa réaffectation ne présentait rien de bon.
L’âme du vieux destroyer reposait dans son réacteur principal : un générateur nucléaire de type RBMK 1000 baptisé Nobyl, véritable fleuron de la technologie atomique de l’époque. Sa remarquable autonomie lui permettait de parcourir plus d’une centaine de parsecs avant de devoir changer les barres de graphite et le combustible radioactif qu’il contenait. Il fournissait également l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des systèmes de contrôle du vaisseau et au lancement des torpilles tactiles de dernière génération. Tout une affaire. Dans les entrailles du monstre, les techniciens spécialisés chargés de la remise en route du réacteur s’activaient depuis quelques jours déjà. L’opération délicate devait se faire en suivant un protocole technique précis, et avec le plus grand soin. Toute erreur dans la manipulation du générateur pouvait provoquer un risque de surchauffe du cœur du réacteur, et provoquer une terrible explosion. Une funeste perspective. Aussi, lorsque les systèmes de survie primaires s’activèrent, à nouveaux opérationnels, et que l’alimentation générale revint dans tous les terminus, chacun poussa un profond soupir de soulagement. Le plus dur était passé. A présent, les ouvriers du chantier naval 414 remplissaient les soutes de torpilles, et terminaient l’installation de nouveaux équipements. Dans cette cohue pourtant bien organisée, l’équipage prenait ses quartiers. Doucement, l’unité 607 revenait à la vie.
C’est en arpentant les coursives de son ancien vaisseau, au milieu des caisses à outils et des odeurs de peinture fraîche, que le generalmajor Siegler sentit le poids des années. Lui ne pouvait pas se payer une bonne cure de jouvence, et pourtant, il en aurait bien eu besoin : son début d’arthrite le faisait souffrir plus que de coutume. La vie pouvait bien se résumer à quelque chose d’injuste finalement, toute la technologie humaine ne pouvait lui offrir ce qu’elle accomplissait pour son navire. Certainement, la science faisait bien quelques progrès avec les expériences sur les organes, mais le moratoire intergalactique était tellement sévère sur ce domaine que la recherche pouvait se résumer à une peau de chagrin. En poussant sa réflexion, Siegler se surprit à penser que les cybérians, du haut de leurs biotechnologies, en savaient peut être plus qu’ils ne le disaient, et que la guerre recélait bien des facettes obscures.
D’allure classique, le generalmajor Siegler comptait déjà bien plus d’années terriennes derrière lui que devant, mais se savait encore maître d’un atout précieux : l’expérience de la vie et du combat. Un juste équilibre, aimait-il à plaisanter à ce propos. Engagé volontaire très jeune dans l’armée de la FSU, il avait fait carrière dans les forces aériennes de la Luftwaffe, gravissant rapidement les échelons du commandement, avant d’être muté dans la toute nouvelle Spatialflotte lors de sa création. Homme pragmatique, son travail et ses décisions à l’OberKommando contribuèrent grandement à faire de la jeune Spatialflotte l’arme aiguisée qui briserait les reins des Puissances Occidentales. Et au déclenchement de la Grande Guerre Civile, sa réputation lui permit de prendre tout naturellement le commandement de l’U-607, avec le succès que l’on connaît. Après la capitulation, Siegler fut mis à disponibilité, avant d’être transféré dans la réserve. La suite logique voulait qu’il termine sa carrière par une retraite paisible et bien méritée, mais les troubles récents et le besoin vital de cadres compétents pour encadrer la restructuration de la flotte bousculèrent les schémas établis. Dès lors, il faisait peu de doutes que ce brillant passé avait incité l’OberKommando de la NVA à rappeler l’un de ses meilleurs officiers dans le service actif. En bon militaire, le generalmajor Siegler répondait présent, encore une fois.
S’arrêtant comme par le passé près d’un hublot patiné par l’usage, il commença à se perdre dans la contemplation des astres, soucieux. Sous cette apparente tranquillité, certaines de ces étoiles en guerre devaient être de vrais enfers. Il ne connaissait que trop bien le chaos d’une bataille spatiale ou la peur paralysante d’un bombardement. Tout ce gaspillage de vies ! Avec le temps, il avait appris à prendre en pitié le sort des innocents. Mentalement, il essaya de reconstituer des constellations pour reconnaître un système engagé dans le conflit, sans succès. Après un moment, une voix familière le tira de sa rêverie.
_ Bon sang, tu m’as l’air aussi usé que cette vieille coque ! Tu ferais mieux de passer me voir à l’infirmerie, je verrais ce que je peux encore faire pour toi...
Se retournant tranquillement, Siegler découvrit son ancien médecin chef, l’oberst Leonard McCoy, qu’il avait activement recommandé pour ce poste en reprenant son commandement.
_ Toi non plus Leonard, les années ne semblent pas t’avoir épargné. Mais je vois que la mort hésite toujours à s’approcher de toi, vieille canaille.
En silence, les vieux compagnons d’armes se sourirent.
_ Allons donc, en voilà des manières de saluer un ami ! Il doit bien me rester une bonne bouteille de vodka datant d’avant la guerre dans tout le fourbis que j’ai ramené avec moi. Allons régler cette histoire rapidement, avant que le temps ne nous rattrape définitivement !
_ Hé bien, si c’est un ordre de l’officier médical de bord...
Savourant les dernières heures de calme, les deux hommes partirent en direction de l’infirmerie. Le lancement officiel n’avait lieu que demain, et il restait beaucoup à faire.
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Après les longs efforts consentis, l’U-607 pouvait enfin procéder aux premiers essais en vol. Le temps d’effectuer les derniers réglages et vérifications d’usage, et le difficile réarmement prenait officiellement fin. C’était un soulagement, aussi bien pour l’équipage qui se languissait de ne rien faire, que pour Kempff et l’OberKommando de la Spatialflotte qui commençaient à désespérer de voir la fin du projet aboutir. Revenant sur sa passerelle pour la première fois depuis la fin de la guerre, Siegler sentit son cœur battre plus fort. Avec une certaine appréhension, le generalmajor se rassit dans son ancien fauteuil de commandement. Rien n’avait changé. Peut être le cuir avait-il légèrement durci. Mais les sensations étaient toujours les mêmes. En silence, chaque feldwebel respectait ce moment, attendant les consignes. Emu, sa voix ne trembla pas au moment de donner son premier ordre :
_ Activez le système principal !
Un à un, tous les voyants des consoles passèrent au vert, tandis que les feldwebels ajustaient les nouveaux paramètres. La passerelle vibrait imperceptiblement, signe que le vaisseau était prêt à répondre aux ordres.
_ Larguez les amarres.
Dans un bruit sourd, le vaisseau se détacha de ses attaches et commença à dériver dans l’espace. Le flieger de service commença par compenser le flottement, avant de redresser l’assiette. Sans l’aide des propulseurs directionnels auxiliaires, encore en charge, ce travail demandait un véritable talent d’équilibriste. Qu’importe. L’académie militaire de Port-Romance formait assez rigoureusement ses pilotes pour que cette manœuvre ne pose pas de problèmes. Lentement, l’U-607 sorti du dock spatial 414 pour se retrouver seul dans l’espace. Après un moment, le hauptmann Koulikov, officier de liaison de Siegler, s’approcha de ce dernier.
_ Herr generalmajor, le RBMK 1000 est à nouveau pleinement opérationnel. Nous pouvons utiliser son plein rendement pour notre évolution. Quand vous voulez.
_ Bien, voyons comment va ce cher Nobyl...
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RBMK 1000 :
RBMK est l'acronyme pour Reaktor Bolshoy Moshchnosti Kanalniy, ce qui signifie en langage standard : réacteur de grande puissance à tubes de force. Les réacteurs nucléaires de type RBMK sont les générateurs militaires standard de la NVA destinés à la production d’énergie, utilisés dans la conception nationale des vaisseaux spatiaux. Le RBMK est l’aboutissement du programme soviétique de Port-Romance pour la conception d’un réacteur refroidi à l’eau légère. Avec l’eau légère pour liquide de refroidissement et du graphite comme modérateur, il est possible d’utiliser de l’uranium peu enrichi comme combustible nucléaire.
La conception RBMK repose sur des tubes de pression verticaux de sept mètres qui courent dans le graphite modérateur. Le réacteur est refroidi à l’eau, qui entre en ébullition à la température de 290°C dans le cœur. Le combustible est un oxyde d’uranium légèrement enrichi sous forme de barres de 3,5 mètres. Comme la modération des neutrons est essentiellement due à des éléments de graphite fixes, une augmentation de l’ébullition se traduit par une diminution du refroidissement et de l’absorption des neutrons sans qu’il y ait inhibition de la réaction de fission dans le réacteur, d’où un coefficient de vide fortement positif. Cet effet intéressant peut réserver bien des surprises aux ingénieurs de la République de Port-Romance...
Chambre de contrôle du réacteur RBMK 1000 de l'U-607

Vue rapprochée du coeur du réacteur RBMK 1000 de l'U-607
Derniere édition le 2008-03-06-04-03 par RPS Port-Romance
| " Un mort, c'est une tragédie. Un milion, une statistique. " |
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