Date stellaire 3080-7-15
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Ce commandant posséde 22 systèmes solaires.
Ce commandant dirige environ 251,765 milliards de personnes.
Le magistrat Silver, scientifique membre du Conseil d'Etat et collaborateur proche du juge Ulnar, activa la transmission au réseau galactique. Un cadavre était étendu sur la table qui lui faisait face et il regardait cette écorce d'homme avec un désintérêt et une impassibilité déconcertante.
Silver commença son discours par une brève introduction, assis sur sa chaire de professeur :
Le professeur Silver fit une courte pause.
Il se leva, marchant sur le bois grinçant et regardant l'objectif avec un air froid.
Il sort une lame tranchante de sous sa robe de professeur et commence à l'affûter sur un morceau de cuir rigide.
Silver insiste volontairement sur certains mots, élevant le ton de sa voix grave pour faire comprendre à l'assistance l'importance des notions évoquées. Il plonge alors son couteau dans le ventre de la carcasse humaine et le découpe sans grande délicatesse jusqu'à avoir une ouverture suffisament large pour vider les tripes.
Silver montre la carcasse vidée de ses organes vitaux. Il place une caméra au fond et passe en revue les différents ganglions encore intacts ou visibles.
Retirant la caméra de la carcasse, pour le plus grand soulagement de certains, il poursuit :
Le magistrat s'interrompit quelques secondes, anticipant les réactions amusées de son public.
Sur ces mots, le magistrat commence à ramasser les organes posés sur la table et montre les nervures, expliquant le rôle présumé de chacune d'entre elle. Il montre le plexus cardiaque, pulmonaire, solaire, hypogastrique, etc... Puis il plante sa lame dans différents endroits du cadavre...
...à la base du poignet. La main s'ouvre, comme par réflexe.
...dans l'épaule, le bras se lève.
...dans la poitrine, la poitrine se gonfle.
...dans le coeur.
Le magistrat pose la dague sur la table et se dirige vers un autre endroit du laboratoire de faculté. Appuyant sur une touche d'un tableau de bord fixé au mur, il change le point de vue de la caméra qui donne alors sur une table d'opération. Sur cette table sont posés divers échantillons allant de la matière souple à la matière solide.
Silver rejoint la table et pose les mains sur les rebords.
Le magistrat saisit un bout de peau mou posé sur la table.
Silver place le bout de peau devant une caméra fixée sur un bras relié à la table et enclenche le zoom avant de se saisir d'un scalpel pour indiquer à chaque fois ce qui fait l'objet de son explication.
Le magistrat esquisse un sourire entendu.
Silver s'accorde à nouveau une petite pause puis repose le bout de peau avant de se saisir d'un morceau verdâtre plus rigide.
Silver repose sur la table le morceau de chitine avant de se saisir d'une peau écailleuse et glissante.
Silver se saisit avec sa deuxième main d'un bout de métal rigide.
Silver sourit.
Le magistrat soupire...
Le magistrat pose les objets qu'il a dans la main, sort un poignard et le plante dans chacun des spécimens se trouvant dans le présentoir. La difficulté devient de plus en plus tenace selon qu'il passe du souple au rigide. Arrivé à la plaque de métal, il casse sa lame.
Silver s'assoit, regarde fixement l'objectif, puis coupe la transmission en actionnant un interrupteur présent sur son fauteuil.
Derniere édition le 2008-02-25-12-16 par Empire de la Magistrature
Silver commença son discours par une brève introduction, assis sur sa chaire de professeur :
| Peuples de Septentrion : dans le cadre de la propagande terrienne, le juge Ulnar m'a demandé de vous présenter la physiologie humaine, afin que vous découvriez qu'en réalité, la nature nous rapproche plus qu'il n'y paraît. |
Le professeur Silver fit une courte pause.
| Comme certains d'entre vous le savent peut-être déjà, le système nerveux de l'homme est un ensemble complexe de différentes structures qui concourent à son activité, qu'elle soit purement une projection de l'esprit, autrement dit une activité volontaire, ou un réflexe automatique. |
Il se leva, marchant sur le bois grinçant et regardant l'objectif avec un air froid.
| Cet ensemble est théoriquement divisible : on peut en effet analyser deux grands systèmes contribuant au fonctionnement nerveux du terrien. Tout d'abord, il y a le système cérébrospinal. |
Il sort une lame tranchante de sous sa robe de professeur et commence à l'affûter sur un morceau de cuir rigide.
| Le système cérébrospinal est à son tour divisible en deux ensembles : il y a tout d'abord le système nerveux central, constitué par l'encéphale, dit le cerveau, et son prolongement, la moelle épinière, dans la colonne vertébrale. |
Silver insiste volontairement sur certains mots, élevant le ton de sa voix grave pour faire comprendre à l'assistance l'importance des notions évoquées. Il plonge alors son couteau dans le ventre de la carcasse humaine et le découpe sans grande délicatesse jusqu'à avoir une ouverture suffisament large pour vider les tripes.
| Mais le système cérébrospinal n'est pas seulement constitué par la "centrale"; il y a aussi les terminaux, l'interface avec le milieu extérieur comme l'appelleraient les cybérians. Cet interface avec le monde qui entoure le corps, c'est le système nerveux périphérique qui s'en charge. Il comprend les très nombreux nerfs qui parcourent notre corps, et les ganglions nerveux, comme en possèdent de nombreux insectes. |
Silver montre la carcasse vidée de ses organes vitaux. Il place une caméra au fond et passe en revue les différents ganglions encore intacts ou visibles.
| Les ganglions permettant à l'humain de bouger sont difficiles à localiser mais cette localisation est fort utile. Détruisez lui un de ces relais et le membre qui en dépend sera probablement paralysé. Il en va de même pour beaucoup d'autres races, y compris les cybérians, mais je m'interroge encore sur le fonctionnement du système nerveux chrystalien, qui a l'air différent. Ceci, c'est pour la paralysie... Mais je ne m'intéresse pas à cela. |
Retirant la caméra de la carcasse, pour le plus grand soulagement de certains, il poursuit :
| L'objet de ce cours, est de comprendre comment par simple maniement du magnétisme ambient, créer la mort des sujets visés, quelque soit la race... J'en suis réduit à des extrapolations très incertaines mais, en fait, c'est assez simple. Nous venons d'étudier ici le système cérébrospinal composé du système nerveux central et du système nerveux périphérique. Mais il y a également le système neurovégétatif, également appelé neurosympathique. |
Le magistrat s'interrompit quelques secondes, anticipant les réactions amusées de son public.
| Le système neurovégétatif est également relié au cerveau mais a une toute autre fonction que d'assurer l'interface avec le monde extérieur comme le fait le système cérébrospinal qui contrôle les sens et les muscles. Ce système là, en effet, innerve les viscères. Autrement dit, il sert au fonctionnement de vos organes vitaux. J'imagine que vous comprenez mieux où je veux en venir. En effet, le simple magnétisme exercé sur un ganglion de ce système peut entrainer des conséquences graves. Le plexus cardiaque, qui fait partie de ce système, peut devenir fatal s'il reçoit des impulsions extérieures qui le désorganisent. Les impulsions électriques qui servent à la réanimation du coeur peuvent théoriquement perturber son rythme. Les études récentes n'ont pas encore suffisamment étayé cette hypothèse, mais je ne désespère pas que l'avenir me donne raison. |
Sur ces mots, le magistrat commence à ramasser les organes posés sur la table et montre les nervures, expliquant le rôle présumé de chacune d'entre elle. Il montre le plexus cardiaque, pulmonaire, solaire, hypogastrique, etc... Puis il plante sa lame dans différents endroits du cadavre...
...à la base du poignet. La main s'ouvre, comme par réflexe.
| Là, c'est pour faire lâcher quelquechose à quelqu'un. |
...dans l'épaule, le bras se lève.
| Là, c'est pour déstabiliser l'adversaire. |
...dans la poitrine, la poitrine se gonfle.
| Là, c'est pour désorganiser le rythme respiratoire voire provoquer une asphyxie. |
...dans le coeur.
| Là, vous connaissez déjà... |
Le magistrat pose la dague sur la table et se dirige vers un autre endroit du laboratoire de faculté. Appuyant sur une touche d'un tableau de bord fixé au mur, il change le point de vue de la caméra qui donne alors sur une table d'opération. Sur cette table sont posés divers échantillons allant de la matière souple à la matière solide.
| Changeons de sujet, si vous le voulez bien. Il n'est plus ici question d'anatomie mais nous resterons dans le domaine de la biologie. |
Silver rejoint la table et pose les mains sur les rebords.
| Je vois que ce présentoir n'est pas sans susciter quelconque intérêt pour vous. Concentrez-vous plutôt sur ce que je vais dire, cela vous permettra probablement de mieux comprendre en quoi tout cela consiste. Nous avons là ce que nous appelons des téguments. Le terme tégument est utilisé pour désigner les tissus recouvrant le corps animal : la peau, la chitine, les écailles. Le tégument désigne donc l'enveloppe protectrice qui recouvre les organismes animaux. La table que vous voyez devant vous en offre divers exemples. |
Le magistrat saisit un bout de peau mou posé sur la table.
| Ceci, voyez-vous, est une peau humaine, celle d'un homo sapiens évolué pour être exact. Tous les téguments des mammifères présentent les mêmes caractères essentiels que celui-ci; les mammifères sont en effet tous recouverts de peau, plus ou moins rigide. Aussi, pour étudier de manière grossière le derme d'un chat, par exemple, il nous suffit d'analyser ce bout de peau humain. Tous les téguments des mammifères se décomposent en effet en deux couches superposées. |
Silver place le bout de peau devant une caméra fixée sur un bras relié à la table et enclenche le zoom avant de se saisir d'un scalpel pour indiquer à chaque fois ce qui fait l'objet de son explication.
| Il y a le derme qui représente la partie profonde de la peau et qui est constitué par un tissu conjonctif. Ce tissu est qualifié de conjonctif car il représente une combinaison de cellules structurellement proches remplissant toutes une même fonction dans un même but. C'est dans ce tissu conjonctif que se trouvent, comme vous avez pu le constater à l'instant, les nerfs. Il contient également les vaisseaux sanguins et les follicules pileux. C'est en tannant le derme que nous obtenons le cuir. Mais le derme est lui-même recouvert d'une couche protectrice, l'épiderme. C'est l'épiderme qui assure la protection première de votre organisme. Dans le cas des hommes, cette couche est extrêmement fine et n'est destinée qu'à une protection contre des chocs peu importants, ce qui n'est pas le cas des guraks, qui sont également des mammifères mais qui se rapprochent plus de la bestialité par leur apparence. |
Le magistrat esquisse un sourire entendu.
| L'épiderme sécrète ce qu'on appelle les phanères. Les phanères désignent tout ce qui ne forme pas à proprement parler un ensemble homogène avec la peau et qui parsème l'extérieur de votre corps. Ainsi, sont des phanères : les plumes, les poils, les cheveux, les ongles, les cornes... Les variations existantes entre les différents dermes et épidermes de chaque mammifère, voire même à l'intérieur d'une même espèce, s'expliquent très simplement par une adaptation au milieu ambiant. |
Silver s'accorde à nouveau une petite pause puis repose le bout de peau avant de se saisir d'un morceau verdâtre plus rigide.
| Ceci, voyez-vous, est tout simplement de la chitine. Ce morceau a été retiré à un gros arthropode. Les arthropodes font partie des métazoaires, animaux pluricellulaires, au même titre que les mollusques. Ce qui les distingue des mollusques, c'est que leur corps est segmenté en plusieurs articles reliés par des articulations tandis que le mollusque n'est pas segmenté ni articulé. Les insectes sont tous des arthropodes, mais l'araignée, qui n'est pas un insecte, est aussi un arthropode. L'escargot et la limace sont des mollusques.
Peu importe, l'origine de ce tégument n'est pas à proprement parler ce qui nous intéresse. Sa particularité est son objet : il ne joue pas seulement le rôle de couche protectrice mais aussi celui de squelette. Alors que nous connaissons chez tous les vertébrés un squelette interne, les arthropodes n'en possèdent tout simplement pas. Ceux-ci sont en effet équipés d'un exosquelette, un squelette externe qui recouvre leur organisme et sur lequel ce dernier est attaché. Cet exosquelette est très pratique pour se défendre, du fait de sa résistance accrue aux chocs. Il présente un inconvénient toutefois : il ne grandit pas exactement dans les mêmes circonstances que l'organisme et impose parfois à l'animal concerné de muer. Nous ne savons encore rien sur les exacts détails de cette mue mais il est fort possible qu'elle soit plutôt douloureuse. Il est aussi possible pour certaines espèces que la chitine ne se solidifie qu'une fois atteint l'âge adulte, ce qui représente parfois quelques jours à attendre, comme on peut le constater avec les mouches, par exemple. |
Silver repose sur la table le morceau de chitine avant de se saisir d'une peau écailleuse et glissante.
| Voici un troisième type de tégument : les écailles. Chaque écaille représente une plaque mince qui s'imbrique dans un ensemble complet recouvrant le corps de l'animal. Vous pourrez constater la solidité de ce système de protection en procédant à l'écaillage des spécimens qui habitent vos mondes respectifs. Cet ensemble écailleux recouvre la quasi-totalité des poissons osseux et des reptiles. Le système allie souplesse et solidité alors que les deux que nous avons vu précédemment tentent de jouer soit sur l'un, pour la peau, soit sur l'autre, pour la chitine.
En effet, l'écaille en elle-même est très solide mais son articulation avec les autres écailles forme en définitive un ensemble plutôt souple. C'est notamment pour ces avantages que de nombreuses armures ont repris, il y a longtemps, ce mode de fonctionnement, en étant constituées d'écailles de fer ou de bronze. Les armures en alliages de titane des troupes terriennes spéciales reprennent parfois encore cette conception. L'inconvénient reste dans les interstices présents entre les écailles, interstices qui peuvent être exploités à l'aide d'une arme perforante. |
Silver se saisit avec sa deuxième main d'un bout de métal rigide.
| Voici la couche protectrice le plus rigide : l'armure de plate. Il s'agit de la peau du preux chevalier terrien ou encore de l'honorable seigneur lordh. |
Silver sourit.
| Son efficacité est toute relative, car comme pour toute armure, naturelle ou artificielle, elle doit laisser paraître des faiblesses pour ne pas paralyser les articulations ni bloquer les sens de son porteur.
Peu de gens le réalisent, mais dès le moyen-âge terrien et la première époque des chevaliers, l'homme avait déjà inventé plus efficace que la nature dans le domaine de la protection. Pourtant, cette armure là, bien que plus solide, ne laissait que l'ouïe, la vue et éventuellement l'odorat s'éxercer, excluant le toucher et le goût, ce qui en faisait une protection imparfaite, contrairement aux téguments naturels. |
Le magistrat soupire...
| Vous savez donc ce qu'il nous reste à inventer : une armure suffisamment souple pour ne pas gêner les mouvements de son porteur, suffisamment complète pour ne pas connaître de failles et tout en même temps suffisamment élaborée pour laisser les cinq sens de son porteur s'épanouir. Il s'agit selon moi du tégument le plus parfait qui puisse être conçu. Même si sa conception me semble impossible dans l'absolu, même avec force de recherches, rien ne nous empêche de nous approcher de cet idéal.
Le bouclier magnétique personnel serait une parfaite représentation de cette approche. Par un simple jeu sur les électro-magnétismes et les polarisations, nous obtiendrions une protection bien plus puissante que ne le permet toutes nos inventions basées sur la matière et sa rigidité. Reste, que cette protection userait beaucoup d'énergie et possède ses propres faiblesses. |
Le magistrat pose les objets qu'il a dans la main, sort un poignard et le plante dans chacun des spécimens se trouvant dans le présentoir. La difficulté devient de plus en plus tenace selon qu'il passe du souple au rigide. Arrivé à la plaque de métal, il casse sa lame.
| Retenez que tout ceci est valable contre un coup asséné avec une lame tranchante, effilée ou par balle. Nous avons peut-être du mal à concevoir des armures efficaces, mais il n'en va pas de même pour savoir quelle arme est à son tour la plus destructrice. Contre toutes ces protections, la lame s'émousse peu à peu jusqu'à se casser. Vous ne pourrez certes plus détruire votre ennemi par l'intermédiaire d'une blessure profonde.
A cela je réponds : utilisez son organisme contre lui. Plus son armure sera rigide, plus la masse de votre arme deviendra capitale. Un coup contondant puissant transformera sa protection en véritable caisse de résonance. Même une armure purement magnétique aura cet effet. De plus, les faiblesses présentes aux articulations se transformeront pour votre ennemi en véritables défauts : alors qu'il n'est pas facile de dépecer un poulet en arrachant les os collés les uns aux autres, un coup de marteau bien placé suffira pour déboiter le membre, voir casser l'os et créer des fractures ouvertes. Mais tout avantage ne va pas sans défaut, même pour le marteau : celui-ci est d'abord plus lourd à porter et donc moins aisé et plus fatiguant à utiliser; pire, alors qu'une lame est un simple prolongement mortel de votre bras, le maniement du marteau implique que vous portiez le coup de manière à ce que la tête en métal touche exactement la cible. Préférez donc les armes de tir lourdes puisque la visée y est largement facilitée et que ces armes allient puissance, contondance et effet perçant. Réfléchissez donc bien attentivement au choix de votre arme selon votre ennemi et votre propre condition physique. |
Silver s'assoit, regarde fixement l'objectif, puis coupe la transmission en actionnant un interrupteur présent sur son fauteuil.
Derniere édition le 2008-02-25-12-16 par Empire de la Magistrature
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Empereur Melgor d'Aryador.
La vertu reste le plus coûteux des vices, il faut qu'elle le reste. |
Ce commandant posséde 22 systèmes solaires.
Ce commandant dirige environ 251,765 milliards de personnes.
| Chers holospectateurs. Je reparais devant vous à la demande de la communauté scientifique. Cette fois, il va être question du phénomène ondulatoire et de la faisabilité d'un système de camouflage radar... |
Silver était debout, à côté d'un tableau, une craie à la main. Visiblement, avec son autre bras, tendu vers la caméra, il essayait de diriger l'objectif sur lui. Une fois qu'il y fut parvenu, il recula puis continua de parler :
| Avant de commencer, il vous faut vous remémorer l'ondulation apparaissant à la surface d'un liquide tel que l'eau lorsque l'on jette un objet sur sa surface. |
Le magistrat observa longuement ses pieds. Il semblait patienter, attendre que l'image qu'il avait décrite apparaisse dans l'imagination de son public. Relevant la tête, il reprit son discours, agitant la main tenant la craie devant lui dans un geste circulaire :
| Je partirai du principe qu'étant jeunes, vous avez tous dû vous amuser à lancer des cailloux dans une mare, à moins que vous soyez crystalien, bien sûr... |
Il esquissa un sourire.
| La surface de l'eau, au contact du corps étranger qu'est le caillou, s'anime. On observe alors un phénomène spécifique : le phénomène ondulatoire. Pris dans le plan d'eau, plusieurs remous circulaires se succèdent et se propagent à partir du point où le caillou a touché la mare. |
Avec la craie, il dessine une ligne oscillant de haut en bas tout le long du tableau.
| L'eau entre donc en vibration, par succession de bosses et de creux. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'onde ne correspond pas à la formation de ces remous mais au phénomène d'alternance entre un mouvement et le mouvement contraire qui leur donne naissance.
Géométriquement, l'onde peut prendre toute les formes, tant qu'il s'agit d'une alternance spaciale susceptible de former une vibration. Cette vibration, provoquée par un phénomène initial unique, tend à s'atténuer avec le temps : c'est l'amortissement. Plus le milieu dans lequel l'onde se propage est dense et rigide, moins ce phénomène est évident à constater. |
Silver efface la courbe qu'il avait dessinée et la retrace sous la forme d'une sinusoïdale qui tend à s'applatir au fur et à mesure qu'elle progresse. Puis, posant sa main sur le mur du laboratoire de faculté, il ajoute :
| Nous savons fort bien, pour en avoir eu l'expérience, que le béton vibre : c'est comme cela que vous pouvez entendre la musique de votre voisin, même à travers trois épaisses couches de béton, lorsque la fréquence de l'onde est suffisamment basse. Ces vibrations du béton obéïssent aux mêmes règles que celles qui s'appliquent aux remous de l'eau, à savoir qu'à partir de chaque haut-parleur va partir une onde qui va se propager à toute matière en contact avec ces haut-parleurs : le bois du meuble sur lequel ils sont posés, le sol sur lequel le meuble est posé, les murs adjacents au sol, et ainsi de suite...
Certes, l'onde sonore est plus difficilement audible dès lors que le nombre d'intermédiaires et d'obstacles qu'elle a traversés est plus grand, ce qui constitue un amortissement. En matière d'art, la musique permet de tirer profit des propriétés différentes des vibrations pour créer un concert de sons, une harmonie : comparativement, la batterie donne une onde plus ample mais s'atténuant plus vite que l'onde créée par la vibration d'une corde de guitare : c'est pour cela que le son d'une batterie est plus puissant mais plus court que celui d'une guitare. |
Silver dessine une autre sinusoïdale dont la période est plus importante que pour la première mais qui s'applatit bien plus vite.
| Quelquesoit le support, qu'il soit fluide ou rigide, la vibration existe toujours, même si nous ne la percevons pas. Une matière ne peut être absolument immobile. Nous retrouvons là une émanation très diffuse de la théorie de la relativité : rien, dans le monde réel, n'est absolu ; l'immobilisme complet n'existe pas.
En matière juridique, le juge Ulnar dirait que ceci pose la question de l'existence du rôle purement passif des choses en matière de responsabilité civile délictuelle; je vous renvoie pour cela à vos propres connaissances de droit, car il ne s'agit pas de mon domaine. |
Le magistrat efface alors son crayonnage au tableau.
| La vibration est réglée par plusieurs paramètres : sa fréquence, qui est la vitesse de la vibration, et son amplitude, qui constitue l'élongation maximale de l'oscillation, le mouvement du point extrême à l'opposé. La fréquence est à la base de la différenciation antre basses et aigus ainsi que de la différenciation entre des vibrations rapides ou plus lentes. L'amplitude correspond au volume de la sonorité produite, mais aussi à la distance qu'implique le déplacement de matière dans la vibration. Toutes ces propriétés déterminent si la vibration pourra ou non être perçue par l'organisme animal qui l'observe. |
Silver trace un repère orthogonal dont la ligne des abscisses sépare les sinusoïdales en deux parties qui semblent équitables. En abscisse, il écrit "X = temps" et en ordonnée, il écrit "Y = amplitude".
| Puisqu'aujourd'hui nous nous intéressons aux phénomènes magnétiques, il convient ici de faire un petit rappel du fonctionnement de notre perception à nous, animaux. Maintenant que vous savez comment fonctionne le phénomène ondulatoire et les vibrations, il s'agit de vous indiquer comment la nature vous a permis de les sentir. Pour orienter notre recherche, nous nous baserons sur les cinq sens décelés dès le moyen-âge terrien, avec les tapisseries de la Dame à la Licorne. |
Il s'arrête un moment, comme fier de son évocation.
| Pardonnez-moi ; c'est juste que ce genre de référence historique montre à quel point il est plaisant de penser que notre propre race possède aussi une très longue histoire .
Bref, revenons aux cinq sens : le toucher, l'odorat, l'ouïe, le goût, la vue. Nous pouvons dors et déjà exclure le goût et l'odorat qui sont des sens percevant la chimie des éléments que l'organisme animal intègre plutôt que la physique de l'environnement ambient. Tout d'abord, il est important de rappeler que c'est le système nerveux cérébrospinal, central et périphérique, qui nous permet de correspondre avec le monde qui nous entoure. |
Silver fait une courte pause et se dirige vers le cadavre précédemment éviscéré. Il commence à découper l'avant-bras avec son scalpel et approche une caméra fixée à un bras articulé. Il extrait une nervure avec deux doigts et l'expose à l'objectif de la caméra.
| Les nerfs qui parcourent votre derme appartiennent au système nerveux périphérique et permettent à un premier sens de s'exercer : le toucher. C'est par le toucher que vous pouvez percevoir les vibrations les plus grossières : les vibrations les plus amples et les plus lentes. Ceci se reporte à une réalité physique : les milieux rigides que nous pouvons toucher sans nous y enfoncer ne supportent pas les vibrations les plus fortes appartenant aux hautes fréquences. |
Plaçant l'objectif de la caméra vers l'oreille du cadavre, il effectue un zoom sur l'oreille interne. Bien que l'image ne soit pas très nette et qu'il soit difficile de repérer les différents éléments, Silver poursuit :
| Autre moyen de perception, l'ouïe. Votre oreille est concue pour être sensible aux vibrations des environnements les plus fluides, les plus élastiques : l'eau, l'air, l'huile, les environnements liquides, les solutions oxygénées, si tant est que vous pouvez y survivre. L'ouïe permet d'entendre des sons de basse fréquence, également perceptibles par le toucher de la chose entrant en vibration et émettant le son. Vous remarquerez en effet qu'en mettant la main devant un haut-parleur puissant, le toucher peut également permettre de percevoir les mouvements de l'air qui correspondent aux basses. L'ouïe peut en outre vous sensibiliser aux ondes bien plus amples et à de bien plus hautes fréquences. Ceci s'explique par le fait que les milieux fluides que ce sens observe sont bien plus aptes à permettre à de telles ondes de se propager, contrairement aux milieux rigides, qui relèvent du monopole du toucher, essentiellement. |
Silver désactive la caméra braquée sur le cadavre et se tourne vers un nouvel objectif mis en fonction.
| Jusqu'ici, nous avons vu les récepteurs organiques de notre corps capables de capter le déplacement de matière, c'est à dire, d'ensembles de molécules ou d'atomes, mais nous n'avons pas étudié la vue. L'atome est le composant de la matière : ce fut longtemps la plus petite quantité connue d'un corps simple. Plusieurs atomes assemblés donnent la molécule qui est alors la plus petite quantité des matières complexes. Le fer, corps simple, est formé d'atomes de Fer. Le diamant pur est formé de molécules composées d'atomes de carbone unis par des liaisons de covalence extrêment solides. L'air, matière complexe, est composée de molécules mélangeant atomes d'oxygène, d'azote, d'argon, etc... Les proportions sont invariables, seulement d'autres molécules peuvent se mélanger aux molécules d'air pour lui donner une propriété spécifique, décelable par l'odorat. |
Silver retourne vers le tableau et dessine, dans le coin en bas à droite, un atome, représenté par un noyau en rouge et une multitude de petits points bleus autour, probablement les électrons. Il dessine ensuite la représentation du diamant, des C reliés six par six, organisés en une forme quasi-géométrique.
| La vue, elle, ne perçoit pas seulement le déplacement de matière; elle n'est d'ailleurs pas suffisamment précise pour déceler les vibrations les plus faibles et les plus rapides, car l'oeil est limité à la réception d'environ 10 images par seconde ainsi que par la précision de l'information qu'il reçoit. Ce que l'oeil perçoit, c'est la lumière.
La lumière, qu'elle provienne directement d'une source lumineuse ou qu'elle ait fait l'objet de ricochets, reste une notion à définir. Les anciennes théories la définissent comme un ensemble de particules élémentaires se déplaçant à très grande vitesse et présentant les caractères d'une onde. Ces particules élémentaires sont nommées photons. Nous savons depuis longtemps tirer profit de l'énergie photonique pour produire de l'électricité, via les panneaux solaires ou l'oeil, et inversement, produire de l'énergie photonique grâce à de l'électricité, via l'ampoule électrique. Mais si nous manions cette énergie, nous avons toujours eu du mal à la définir car le photon s'est avéré impossible à isoler. |
Le magistrat dessine un point précédé d'une flèche, puis il désigne le point avec la craie :
| Certains le définissent comme une particule de masse et de charge nulles associée à l'onde luminique et électromagnétique. En d'autres termes, le photon serait un "tas de rien". C'est ce que ces scientifiques nomment le caractère corpusculaire de la lumière : la lumière est formée de corps qui n'ont pas de masse ni de charge magnétique. Ce caractère s'associerait selon eux au caractère "ondulaire" pour former la lumière. Je ne suis personnellement pas d'accord. Avouez que vous avez vous aussi décroché, faute de comprendre un mot à ces fadaises.
Si il est vrai que la masse et la charge sont liées, et que donc une particule qui n'a pas de masse ne peut non plus avoir de charge, je m'oppose à ce que l'on tienne pour existante la chose qui ne possède ni masse ni charge électrique. Seul un élément comportant une masse et donc un volume et une densité peut former une particule susceptible de se déplacer. Pour moi, l'onde ne transporte rien de corpusculaire : il s'agit d'un simple phénomène d'interactions entre les corps susceptibles d'être affectés par l'origine de l'onde. |
Nerveusement, le magistrat rature la flèche et gribouille le point par des allées et venues de se craie.
A mon sens, l'onde luminique, appelée rayonnement, n'est que l'effet d'une excitation atomique se propageant à travers l'univers. C'est ainsi que l'électron qui produit de la chaleur dans le filament de l'ampoule du fait de son activité électromagnétique produit un rayonnement qui constitue l'onde luminique. Alors, répliquerez-vous, comment la lumière peut-elle traverser l'espace interstellaire ? Je ne suis pas sûr de pouvoir vous répondre, mais il existe plusieurs hypothèses :
D'abord, il reste à prouver que cet espace est vide, ce qui est loin d'être acquis ! Le vide implique une certaine idée d'absolu, ce qui s'oppose à la relativité, chose qui s'est avérée être une règle conceptuellement absolue dans le monde réel. Bien, j'arrête là avec cette hypothèse, qui relève plus de la philosophie que du fait scientifique...
Car il n'est pas non plus exclu que le vide soit en soi un vecteur conducteur des effets électromagnétiques. Comment expliquer, sinon, les interactions entre les différentes galaxies ? Nous savons que, pris dans un espace dans lequel la densité de matière est moins importante, le temps passe notablement plus vite, ce qui induirait que le temps n'existe plus dans les "endroits de vide absolu" et que deux atomes séparés par plusieurs milliards de kilomètres (voire plusieurs milliers de milliards de parsecs) de vide absolu s'influencent l'un l'autre de manière instantanée. |
Silver s'accorde une pause et saisit un verre d'eau posé près de lui avant de se servir une gorgée d'eau.
| Pour en revenir au rayonnement, force est de constater qu'il a des propriétés très variées. Contrairement à l'onde normale, il ne forme pas un mouvement d'ensemble. Il ne s'agit plus d'atomes ou de molécules bougeant à l'unisson mais d'influences invisibles entre les corps composant ces atomes, les nucléons et les électrons. La multiplicité des propriétés de ce rayonnement permet des applications diverses : Lorsque la fréquence de l'onde luminique est plutôt basse, elle est indétectable à l'oeil nu et nous sommes en présence des ondes hertziennes : les radars en captent certaines, les récepteurs radios, les téléviseurs et les holo-viseurs en captent d'autres. Dans des fréquences plus hautes, nous trouvons les ondes lumineuses avec les infrarouges, le spectre lumineux visible allant du rouge au violet, puis les ultraviolets. Enfin, viennent dans les fréquences extrêmement hautes les rayons X qui peuvent traverser les tissus humains voir les endommager et enfin les rayons gamma, qui traversent jusqu'au béton et au plomb si les couches ne sont pas épaisses.
Le rayonnement, comme nous avons pu le voir, résulte d'une activité électromagnétique : la radioactivité en est une. |
Silver enfile une paire de lunettes énorme et son visage se fend d'un très large sourire. Reprenant son sérieux, il repose les lunettes sur la table et poursuit :
| Nos yeux sont les seules parties de notre corps qui soient sensibles aux rayonnements, encore qu'ils ne les captent pas tous. Comme l'ouïe ou le toucher, la vue se repose sur la perception des pressions exercées par les ondes sur une membrane. |
Silver dessine en haut à gauche un tableau indiquant les fréquences correspondant à chaque type de rayonnement.
| Pour rendre invisible une chose, il faut la rendre passive. Elle doit ainsi être transparente aux ondes qu'elle reçoit, que ce soit des ondes corpusculaires ou des rayonnements, et qu'elle soit incapable de créer des ondes par elle-même. En d'autres termes, il faut qu'elle puisse avoir la même substance, la même réactivité que son environnement. Un vaisseau en métal dans un environnement de métal est indétectable. Dans un environnement gazeux, il faut que votre vaisseau puisse paraître être fait de gaz, sous tout rapport. Pour cela, il n'existe pas de techniques connues, mais nul doute que le camouflage est un procédé déjà imaginé dans les rêves les plus fous de nos militaires.
Une telle application militaire nécessiterait une réaction intelligente de chaque vaisseau face à son environnement. Cela nécessiterait probablement des millions de processeurs électromagnétiques chargés de simuler ce processus : les ondes que l'arrière reçoit, c'est l'avant qui les transmet et inversement. Lorsque le vaisseau bouge, ils font émettre, à l'avant, un nombre d'ondes réduit et, à l'arrière, un nombre d'ondes renforcé. Ainsi, un observateur attentif ne constatera aucune différence notable et pensera probablement à un "fantome de la machine" s'il remarque quoique ce soit. |
Le magistrat ouvre un tiroir et sort un poster poussiéreux avant de l'accrocher au tableau...

| Autrefois, les chercheurs pensaient pouvoir créer des appareils furtifs en les dotant de matière absorbant les ondes radars et de formes complexes. L'idée était la suivante :
Il s'agissait de dissimuler un objet aux radars. Or, un radar ne détecte un objet que s'il reçoit l'OEM directement réfléchie par cet objet. Donc pour que le radar ne voit pas l'objet, il fallait empêcher qu'une OEM réfléchie lui parvienne. Deux solutions furent imaginées : obliger l'objet à diriger l'OEM réfléchie ailleurs que sur la partie réceptrice du radar ; pour bien comprendre, imaginons que vous possédiez une lampe-torche et que vous soyez plongé dans le noir complet ; imaginons aussi que l'objet soit un plaque horizontale très fine à quelques mètres de hauteur et équipée d'un miroir sur sa face inférieure.
En dirigeant votre lampe vers le haut, vous ne pouvez éclairer que la face inférieure de l'objet, c'est à dire le miroir, et le dit miroir va renvoyer la lumière vers le bas mais dans la direction opposée à la votre. Comme vous ne recevez aucun retour de lumière, vous ne vous apercevez pas de la présence de l'objet, et ce même si la plaque mesure 30 m x 30 m. interdire l'objet de créer une OEM réfléchie en absorbant complètement l'OEM incidente : l'OEM incidente est transformée en OEM réfractée et en pertes créées volontairement.
En reprenant l'analogie de la lampe torche : imaginons que l'objet soit un morceau de charbon de bois noir et terne. La lampe l'éclaire mais sa lumière est absorbée par la couleur noire de l'objet. Aucune lumière n'est retournée. Comme la personne ne reçoit aucun retour de lumière, elle ne s'aperçoît pas de la présence de l'objet. Le premier inconvénient de ces techniques se trouvait dans le fait qu'aucune matière n'absorbe complètement les ondes. Le second se trouvait dans le fait que les accumulations d'air ou d'eau de pluie à l'avant était à elles seules repérables par le radar ennemi. Le troisième est que les technologies ont bien évolué depuis et qu'un émetteur peut être assorti de plusieurs récepteurs placés à des endroits géographiques divers . |
Le magistrat retire le poster et se tourne vers la caméra...
| De plus, elles peuvent s'affiner encore. Certains technologies, particulièrement pratiques, pourraient pallier, par exemple, l'effet de l'amortissement. Amplifiant les rayonnements et ondes sonores que réverbèrent l'environnement de la planète où vous vous situez, vous pouvez ainsi écouter et voir tout ce qui se passe dans un domaine précis sans avoir besoin de vous déplacer par vous-même. Il vous suffit de calculer l'endroit qui possède une interface directe avec le milieu que vous souhaitez surveiller et vous pourrez y avoir une très bonne réception des ondes. Ce n'est, bien sûr, qu'une hypothèse théorique... |
Reprenant son souffle, le magistrat conclut :
| J'en ai fini pour aujourd'hui... Merci de votre attention. |
*clic*
Derniere édition le 2008-02-25-18-03 par Empire de la Magistrature
|
Empereur Melgor d'Aryador.
La vertu reste le plus coûteux des vices, il faut qu'elle le reste. |
Ce commandant posséde 22 systèmes solaires.
Ce commandant dirige environ 251,765 milliards de personnes.
La caméra venait de se rallumer. En face d'elle se trouvait, debout, attaché au mur de béton avec des sangles de cuir, le cadavre desséché et à peine reconnaissable de l'humain qui avait tant souffert des expériences du magistrat Silver.
Un bruit de pianotage était audible et semblait provenir de derrière la caméra. Soudain, du plafond, une verrière en forme de cylindre coulissa lentement pour enfermer le cadavre dans une prison de verre.
Le magistrat qui pianotait semblait très concentré, car aucune parole, aucun souffle ne parvenait jusqu'au micro. Bientôt, il apparut devant l'objectif, à côté de la vitre, habillé de sa blouse blanche. Ses yeux se rivèrent sur la caméra, puis il se retourna vers le cadavre avant de faire à nouveau face à son public, un sourire aux lèvres...
Sans détourner la tête, il leva le bras vers la vitre et la cogna avec ses doigts.
S'accordant sa petite pause verbale habituelle, il se dirigea à un endroit du laboratoire ou un tableau et une table étaient placés côte à côte, dans le champ de la caméra.
Il sort une craie de la poche de sa blouse et écrit sur le tableau : "p = F / S".
Patientant un moment.
Il sort un couteau de la deuxième poche de sa blouse et commence à découper un morceau de pain déposé sur la table. Une fois fini, il commence à grignoter...
Le magistrat se retourne vers la formule inscrite au tableau :
Silver montre le pain du bout de son couteau en mâchouillant.
Le magistrat ouvre un placard derrière lui et sort un énorme obus en coupe avant de le montrer à la caméra.
Plaçant son couteau à divers points de la coupe, apparemment peu effrayé par la nature quelque peu radioactive du matériau, le magistrat reprend son discours :
Le magistrat pose le couteau et la maquette sur la table.
Silver sort du même placard une bille d'étain et une boule de plomb.
Le magistrat se rapproche de la caméra et présente les deux sphères.
Le magistrat positionne ses bras à la même hauteur, une sphère dans chaque main. Il les lâche et... la bille d'étain arrive la première jusqu'au sol. Après plusieurs haussements de sourcils, le magistrat, qui regarde la caméra, se met à sourire.
Il désigne les deux sphères, dont la plus lourde a fissuré le béton (énergie cinétique oblige
).
Encore une courte pause... Cette fois, Silver prend une gorgée d'eau et puis repose le verre sur la table, non loin du tableau.
Reprenant son souffle, le magistrat coupe la caméra sur une dernière phrase :
Derniere édition le 2008-02-27-21-40 par Empire de la Magistrature
Un bruit de pianotage était audible et semblait provenir de derrière la caméra. Soudain, du plafond, une verrière en forme de cylindre coulissa lentement pour enfermer le cadavre dans une prison de verre.
Le magistrat qui pianotait semblait très concentré, car aucune parole, aucun souffle ne parvenait jusqu'au micro. Bientôt, il apparut devant l'objectif, à côté de la vitre, habillé de sa blouse blanche. Ses yeux se rivèrent sur la caméra, puis il se retourna vers le cadavre avant de faire à nouveau face à son public, un sourire aux lèvres...
| Intriguant, n'est-ce pas ? |
Sans détourner la tête, il leva le bras vers la vitre et la cogna avec ses doigts.
| Ceci n'est pas du plexiglas renforcé et ce cadavre ne va pas se réveiller tout seul, ne vous inquiétez pas... Non, en fait, c'est son rangement habituel, pour éviter qu'il ne pourrisse davantage. Avec toutes ces restrictions sur les ventes d'organes, la communauté scientifique se doit d'être inventive, afin de conserver ses outils de travail. Je jugeais utile que vous découvriez les ennuis que peuvent parfois causer les lois aux scientifiques tels que moi ; mais le juge Ulnar est intraitable là-dessus, et c'est tout à son honneur. |
S'accordant sa petite pause verbale habituelle, il se dirigea à un endroit du laboratoire ou un tableau et une table étaient placés côte à côte, dans le champ de la caméra.
Vous savez, il y a de nombreuses choses qui s'ignorent, dans l'univers. Il y a aussi de nombreuses choses sur lesquelles ont se méprend. Aujourd'hui, je vais engager la chasse à la méprise sur deux points que les scientifiques tels que moi aiment aborder :
Le duo formé par la force et la pression, bien connu, notamment, en balistique.
La force de l'attraction. |
Il sort une craie de la poche de sa blouse et écrit sur le tableau : "p = F / S".
| Commençons donc par la force et la pression, voulez-vous ? Selon vous, lorsque vous enfoncez une aiguille dans un matériau quelconque, à combien de fois la pression atmosphérique s'élève la pression exercée par l'aiguille sur ce matériau ? |
Patientant un moment.
| 10 ou 20 fois ? 40 fois ? Et bien non ! Pour ceux qui ne le savaient pas déjà, on peut estimer la pression exercée par l'aiguille à plus de 1 000 fois la pression atmosphérique ! Fascinant, non ? Tout ceci est encore plus flagrant lorsque vous pensez que certains insectes, avec leur piqure, exercent 100 000 fois la pression atmosphérique sur votre peau... |
Il sort un couteau de la deuxième poche de sa blouse et commence à découper un morceau de pain déposé sur la table. Une fois fini, il commence à grignoter...
| Quelle explication rationnelle à tout cela ? Pour la plupart d'entre vous, vous avez sans doute dû remarquer qu'il est toujours plus aisé d'enfoncer une aiguille dans une cloison en plâtre que d'y enfoncer une plaque de métal de 30 cm sur 30. Pourtant, la force que vous exercez sur les deux à l'aide de votre bras est strictement la même. Pour vous en convaincre, placez une aiguille sur une planche de bois très dur en l'enfonçant légèrement puis appuyez de toutes vos forces cette planche sur un mur en plâtre. Vous verrez ! L'aiguille s'enfoncera dans le plâtre, mais pas la planche de bois. Pourtant, vous appuyez avec la même force sur les deux... |
Le magistrat se retourne vers la formule inscrite au tableau :
| Soit F la force, mesurée en newton, S la surface soumise à l'effort, autrement dit la surface de contact entre l'objet en mouvement et l'objet qui est percuté, mesurée en centimètres carrés. p représente la pression qui s'exerce au moment de cet effort. Ainsi, lorsqu'on affirme "p = F / S", on affirme en fait que la pression la plus forte correspond à la force la plus importance exercée sur la surface la plus faible.
Pour qu'un outil s'enfonce facilement dans un réceptacle, comme par exemple un obus dans un blindage, il faut que la pression soit importante et donc que l'outil soit particulièrement fin et particulièrement rapide. |
Silver montre le pain du bout de son couteau en mâchouillant.
| Essayez donc de couper du pain avec une barre à mine ; l'absence de tranchant, qui est chargé de réduire la surface de contact, se fait douloureusement ressentir, dans la mesure où vous ne tapez pas sur le pain comme un gurak. C'est parce que le fil d'une lame est bien aiguisé que la lame exerce une pression suffisante pour s'enfoncer dans le pain... Je vais vous montrer quelque chose. |
Le magistrat ouvre un placard derrière lui et sort un énorme obus en coupe avant de le montrer à la caméra.

| Ceci, messieurs, est une munition UA M829 de 120mm. UA était le sigle utilisé pour désigner l'uranium appauvri, à l'époque. Une relique, pour les connaisseurs. Ces munitions sont dites à énergie cinétique (KE pour Kinetic Energy) car leur effet destructeur est dû à leur vitesse, à leur masse, et à leur forme. Elles ne font pas appel à l'action d'un explosif : Elles ne transportent aucune charge explosive.
Ceci me permet une digression : l'énergie cinétique est calculée en faisant le produit de la masse par la vitesse au carré. Le but d'une munition à énergie cinétique est donc de propulser une munition très lourde à très haute vitesse pour faire très mal. Cette énergie cinétique correspond à peu de choses près à la force, notée F dans notre équation de tout à l'heure. |
Plaçant son couteau à divers points de la coupe, apparemment peu effrayé par la nature quelque peu radioactive du matériau, le magistrat reprend son discours :
| Sommairement, la munition est composée d'un étui, que vous voyez ici rempli d'une multitude de granulés, d'une charge de poudre propulsive, qui correspond à ces granulés, de deux demi-sabots, que vous voyez autour de la flèche, et de la flèche, qui constitue le projectile.
Au repos, la flèche est maintenue dans les 2 coquilles formées par les demi-sabots, et le sabot est maintenu par l'étui. Au moment du tir, le sabot formé de 2 moitiés est expulsé avec la flèche qui est le projectile. A la sortie du canon, le sabot se détache de la flèche, chacune de ses moitiés part de son côté. C'est ainsi qu'à l'époque où notre race était encore en train de guerroyer sur Terre, vous pouviez voir sortir des obusiers des M1 Abrams américains deux morceaux métalliques, avec l'expulsion du projectile. La flèche continue sur sa trajectoire. Elle arrive sur la cible et la transperce grâce à une vitesse élevée et une pointe très dure et très fine. C'est là tout l'intérêt qui ressort de la distinction entre la force, ici l'énergie due à la propulsion de l'obus et à son poids, et la pression, qui est exercée par le projectile sur sa cible. L'intérêt d'une pointe dure se trouve dans le fait que le projectile est alors sûr de toucher sa cible sans s'aplatir dessus et sans, de ce fait, réduire la pression qu'il exerce sur sa cible. Ajoutons à cela qu'un projectile de faible diamètre, outre son énorme pouvoir de pénétration, présente une faible résistance à l'air, ce qui conserve d'autant plus l'énergie de sa propulsion et donc la force qui s'exerce à l'impact. Bien sûr, en balistique, le pouvoir de pénétration n'est pas toujours ce qui est le plus recherché ; tout dépend en fait de la cible... A l'époque, des combats ont montré que les flèches étaient capables de traverser un monticule de sable ou de terre protégeant certains chars en partie enfouis puis de frapper la cible en infligeant d'énormes dégâts. La vitesse initiale type de ce genre de munition est de 1600m/s (5800km/h, mach 4,71). Si, maintenant, ce genre de données peut paraître ridicule et ne permettrait même pas à l'obus de gagner une course de vitesse contre un engin spatial, n'oublions pas qu'il s'agissait à l'époque d'une prouesse technologique. |
Le magistrat pose le couteau et la maquette sur la table.
| Bien, nous parlions, à l'instant, de résistance à l'air... Ceci va nous permettre d'enchaîner sur un deuxième propos. |
Silver sort du même placard une bille d'étain et une boule de plomb.
| Oui, je suis sûr que certains la connaissent déjà celle-là. Du moins, ceci doit être un jeu d'enfant vel-naos, non ? |
Le magistrat se rapproche de la caméra et présente les deux sphères.
| Ces deux objets sont strictement identiques, excepté sur trois points : leur volume est différent, leur masse est différente et leur masse volumique est différente. La boule de plomb dispose d'un plus gros volume et d'une masse largement plus importante, du fait d'une masse volumique considérablement plus élevée que la bille d'étain. En d'autres termes, la boule de plomb est bien plus grosse et bien plus lourde que la bille d'étain. Selon beaucoup de personnes, la boule de plomb tombera bien plus vite que la bille d'étain... Mais regardez : |
Le magistrat positionne ses bras à la même hauteur, une sphère dans chaque main. Il les lâche et... la bille d'étain arrive la première jusqu'au sol. Après plusieurs haussements de sourcils, le magistrat, qui regarde la caméra, se met à sourire.
| Entre scientifiques, elle est classique, celle-là, mais si vous n'y croyez pas, faîtes l'essai avec de vieilles clés lourdes et un bouchon en liège. Malgré un poids plus important des clés, le liège tombe à peu près à la même vitesse que les clés, voire légèrement plus rapidement...
Si les scientifiques de l'antiquité terrienne ont longtemps fait cette erreur de croire que la vitesse de la chute d'un objet vers un corps céleste est lié à sa masse, l'humanité a fait des progrès depuis. En réalité, il faut savoir que face aux objets que je vous ai présentés... |
Il désigne les deux sphères, dont la plus lourde a fissuré le béton (énergie cinétique oblige
).
| ...la force qui les propulse vers le sol est la même : l'attraction planétaire. Elle s'exerce de la même façon sur tout objet quelque soit sa masse, car, en réalité, elle attire les atomes par électromagnétisme et fait peu cas du nombre d'atomes qu'elle attire.
Tenez ! Imaginons deux parachutistes crystaliens d'une tonne chacun qui se jettent d'un VN-transport 6-a vers une planète en se tenant la main ; imaginons qu'ils ne trichent pas avec leurs capacités de contrôle électromagnétiques. S'ils se tiennent la main, on peut alors considérer qu'ils ne forment qu'un seul "objet" ayant pour masse 2 tonnes. Si, pendant leur chute, ils arrêtent de se tenir, cela signifie-t-il qu'ils vont alors tomber plus lentement du fait qu'ils seront alors considérés comme deux objets d'une tonne chacun ? Bien sur que non ! cela signifie donc que la vitesse de chute d'un corps ne dépend pas de sa masse ni de son volume, mais de l'attraction planétaire... |
Encore une courte pause... Cette fois, Silver prend une gorgée d'eau et puis repose le verre sur la table, non loin du tableau.
| Alors pourquoi certains objets chutent-ils plus lentement que d'autres, si la force qui les propulse est la même ? La réponse est qu'il existe une deuxième force : l'inertie de l'air est une deuxième force qui freine les objets circulant dans l'atmosphère. Dans l'espace, il n'y a pas ce problème. Au niveau planétaire, plus l'objet a une résistance à l'air (ou tout autre gaz) qui est forte, plus il sera freiné dans son élan, et moins il tombera vite.
C'est ainsi qu'une grosse boule de plomb tombera plus lentement qu'une toute petite bille de verre... |
Reprenant son souffle, le magistrat coupe la caméra sur une dernière phrase :
| Voilà, fin de la leçon. A plus tard... |
Derniere édition le 2008-02-27-21-40 par Empire de la Magistrature
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Empereur Melgor d'Aryador.
La vertu reste le plus coûteux des vices, il faut qu'elle le reste. |
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D'abord, il reste à prouver que cet espace est vide, ce qui est loin d'être acquis ! Le vide implique une certaine idée d'absolu, ce qui s'oppose à la relativité, chose qui s'est avérée être une règle conceptuellement absolue dans le monde réel. Bien, j'arrête là avec cette hypothèse, qui relève plus de la philosophie que du fait scientifique...